A la recherche de Matt Drussin

Mat Drussin

Après déjà trois expéditions au volcan Kawah Ijen, à l’est de Java en Indonésie, cette dernière n’est donc pas destinée à faire des photos, même si en tant que photographe la tentation est irrésistible. Cette fois, l’objectif est de retrouver les personnes photographiées quelques mois voire années auparavant.

Une petite liasse de photographies à la main, nous entamons avec Morgane une énième ascension du volcan à la recherche des porteurs.

La météo n’est pas très clémente, le vent souffle fort. Nous sommes à peine à mi-chemin de notre escalade que des émanations de soufre sont déjà perceptibles. Phénomène encore jamais vécu. La descente vers le cratère est difficile, les yeux piquent, la gorge et le nez brûlent… Les porteurs, habitués malgré eux, continuent de travailler. A chacune de mes visites, leur capacité physique au vu des conditions de travail me sidère !

Après quelques heures passées dans le cratère, je commence à désespérer de retrouver mes sujets photographiques. Pour certains, leur portrait remonte à 3 ans et je me demande ce qu’ils sont devenus. Les porteurs sont très nombreux, je ne les ai jamais revus au cours de mes différents périples.

Un peu dépités, nous décidons de repartir. Le vent souffle toujours et nous souffrons beaucoup des fumées sulfurées. La remontée du cratère est éprouvante.

Pendant la descente du volcan nous scrutons les visages. Je retrouve enfin un premier porteur photographié quelques mois plus tôt, en mai ! Je lui offre sa photo. La barrière de la langue nous empêche d’avoir une longue conversation. J’aurais beaucoup aimé pouvoir échanger avec lui…Son visage souriant me suffit.

A un tiers du chemin se trouve un cabanon, leur cantine comme ils l’appellent. Les porteurs s’y octroient une petite pause, prennent un cas et font peser leur lourd chargement. J’y rencontre un visage connu, quoi que vieilli après 3 années. A nouveau j’offre la photo. Nous restons quelques instants ensemble mais une fois de plus la barrière de la langue nous empêche de communiquer. Je ressens néanmoins sa reconnaissance. Il reste assis pas loin de moi et regarde sa photo. Il me lance de temps en temps de petits sourires et insiste avant de reprendre sa route pour que je prenne une nouvelle photo. Il me fait comprendre que je dois revenir dans 3 ans pour lui la donner !

Je laisse une partie des photos à la cantine. Les porteurs pourront les récupérer au fur et à mesure. J’en garde une, tout le monde y reconnaît Matt Drussin (orthographe ?) Telle une star, un autre porteur m’annonce qu’il est en chemin et qu’il arrive. Nous partons à sa rencontre. Sur le chemin, je montre la photo et les « Matt Drussin » fusent ! Une vraie célébrité ce Matt ! Malheureusement je ne le retrouve pas, je laisse sa photo aux gardiens du parking, en bas du volcan, qui le connaissent et avec pour consigne de la lui remettre.

Cette quatrième expédition a été différente, très sympa. Ramener les photos aux porteurs nous a permis d’avoir un échange différent, plus profond. Leur gentillesse est sincère. Ils sont d’un naturel sympathique mais la relation était tout autre. Rapporter les clichés a déclenché une sollicitation accrue de la part des porteurs pour de nouveaux portraits !

Le rendez-vous est pris, j’y retourne dans 3 ans… Ou peut-être avant !

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